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Symboles de la Semaine Sainte |
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Écrit par Jean-Luc Pouthier
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Rameaux.
La semaine commence par le souvenir de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, sur un âne (symbole de royauté dans l’Orient ancien), le dimanche des Rameaux. Au début de la messe, des branches verdoyantes de buis, de saule, de laurier, des rameaux d’olivier ou des palmes tressées (en particulier en Italie, où cette fête s’appelle d’ailleurs fête des Palmes) sont bénis à l’entrée de l’église, dans laquelle les idèles entrent ensuite en procession. Le rituel, institué en Occident au IXe siècle, est hérité de la liturgie de Jérusalem.
Saintes huiles.
Pendant la semaine sainte, en général le mercredi, est célébrée la Messe chrismale. L’évêque y bénit le saint chrême et d’autres huiles saintes, qui serviront ensuite pour les sacrements. Celui qui est oint (en hébreu messiah, messie, et en grec christos, Christ) est considéré comme consacré par Dieu, à l’image des rois de l’ancien Israël. A la fin de la messe chrismale, les prêtres renouvellent leur promesse sacerdotale. Il semblerait que ce rituel remonte lui aussi au IXe siècle.
Eau, pain et vin.
Le jeudi soir, Jeudi Saint, avant le repas pris avec ses disciples à la veille de la Pâque juive, Jésus leur lave les pieds. Comme celle du baptême, l’eau de la puriication élimine alors les souillures du corps, mais aussi, soulignait saint Augustin, celles de la conscience. Pendant ce dernier repas, la Cène, Jésus institue l’Eucharistie, renouvelée à chaque messe, quand le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Le pain consacré par le prêtre oficiant est du pain azyme, souvenir de celui que le peuple juif mange pour sa propre pâque, quand est commémorée la libération de l’esclavage où il était tenu dans l’Egypte des Pharaons.
Chemin de Croix.
Le Chemin de Croix rappelle quatorze moments de la Passion de Jésus le Vendredi Saint, de son procès chez Pilate à sa cruciixion au Golgotha et à sa mise au tombeau. Il est né - comme la crèche de Noël ! - chez les franciscains. Ceux-ci, qui assurent à partir du XIVe siècle une présence catholique (la Custodie) dans une Terre Sainte revenue après les Croisades sous administration turque, en ont emprunté la tradition à l’Eglise orthodoxe d’Orient. Longtemps, le Chemin de Croix a été une sorte de monopole franciscain, tant en Terre Sainte qu’en Occident. Puis la pratique s’en est généralisée à partir du XVIIIe siècle. Les quatorze stations ne sont pas toutes des épisodes évangéliques : les trois chutes de Jésus, la rencontre avec sa Mère et avec sainte Véronique ne sont pas mentionnées dans les Ecritures. A Jérusalem, le Chemin de Croix suit la Via Dolorosa, de la Chapelle de la Flagellation jusqu’au Saint-Sépulcre.
Lumière.
Après les ténèbres du tombeau et la descente aux enfers du Samedi Saint, Jésus ressuscite dans la lumière de Pâques. Au début de la veillée pascale, le célébrant bénit le feu nouveau, puis grave sur un grand cierge une croix et la première lettre (Alpha) et la dernière lettre (Omega) de l’alphabet grec, manifestant ainsi que le Christ, lumière du monde, est « commencement et fin de toutes choses ». Cinq grains d’encens enflammés sont alors implantés dans le cierge, symbolisant les cinq plaies du Christ (aux pieds, aux mains et au côté). Le cierge pascal est allumé au feu nouveau et porté en tête de la procession qui pénètre dans l’église obscure. Le cierge pascal, dont l’origine remonte au moins au IVe siècle, reste allumé pendant le temps de Pâques, jusqu’à Pentecôte. Ensuite, il est utilisé tout au long de l’année, pour les baptêmes, jusqu’au Carême suivant. |
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Écrit par P. Philippe Dumas
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Dimanche des Rameaux.
De nombreux chrétiens se pressent dans les églises et participent à la bénédiction des Rameaux et à la messe au cours de laquelle tous écoutent le récit de la Passion tiré, cette année, de l’Evangile selon saint Matthieu. Comme les foules rassemblées à Jérusalem en l’année 30, pour acclamer Jésus monté sur un ânon, le peuple chrétien reconnaît en lui un grand prophète populaire, humble et fraternel. Mais ce Messie, ce « Christ » humilié ne serait-il pas le « Serviteur souffrant » annoncé par les oracles d’Isaïe (chapitres 50 et suivants) : « Mon serviteur justiiera des multitudes : il se chargera de leurs péchés » ?
Jeudi Saint.
Une seule messe dans chaque paroisse. Elle a lieu le soir et annonce l’arrestation de Jésus, son procès et sa Passion. Deux gestes sont mis en valeur ce soir-là : le lavement des pieds et la Cène. Dans ces deux gestes refaits symboliquement au cours de la célébration, tout est dit et manifesté sur l’Amour de Dieu : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout… » Sachant qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, il se lève de table, quitte son vêtement et prend un linge qu’il se noue à la ceinture, puis il se met à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer ! (Jn 13) Non ! Dieu n’est vraiment pas une « majesté royale » à nos manières : il n’écrase pas, il se met à genoux devant les hommes. Il est une « générosité » qui appelle la nôtre. Désormais nous sommes appelés à faire de même devant tout homme. La communion du Jeudi Saint ouvre et appelle une vie fraternelle. Dans beaucoup d’églises, la veillée se poursuit jusqu’au cœur de la nuit dans le silence, la méditation des dernières paroles de Jésus et la prière personnelle. Chacun peut rester devant le Saint Sacrement (désigne le pain consacré par le prêtre, l’Eucharistie), ne serait-ce qu’une heure, comme les disciples qui essayaient d’accompagner Jésus au Jardin des Oliviers et pendant son Agonie, malgré la pesanteur de leurs paupières et de leur sommeil…
Vendredi Saint.
Nous suivons le Christ en a Passion, sa mort sur la Croix et sa mise au tombeau. C’est le jour des « chemins de croix » qui ont lieu un peu partout, dans les rues ou dans les églises, au milieu du jour et jusque vers 15h, heure traditionnelle de la mort du Seigneur. La Passion selon saint jean qui est lue au cours de l’ofice du soir nous met déjà en présence du Christ Glorieux, vainqueur de la mort par la puissance de son Amour. Une grande prière universelle permet à tous d’entrer dans la prière du Christ en Croix, n’oubliant aucun de ceux qu’il vient sauver : tous les membres du « peuple de Dieu », tous les chrétiens encore divisés, les membres du peuple juif, les croyants et les incroyants, les responsables de la vie publique et tous les blessés de la vie et de l’amour. Une grande procession se forme alors pour que tous puissent venir vénérer la Croix, signe du Salut offert par Jésus. Après la communion au Pain de vie consacré la veille, chacun est invité à se retirer dans le silence, le jeûne et la pénitence.
La fête de Pâques.
La résurrection de Jésus est célébrée en deux temps : d’abord dans la nuit du samedi saint illuminée par le « feu nouveau » et le « cierge pascal ». C’est là le sommet de toute l’année liturgique et de toutes les fêtes chrétiennes. C’est le grand « passage » (sens du mot « Pâques ») des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de l’égoïsme à l’amour. Cette veillée pascale est un moment de renaissance pour toutes les communautés qui accueillent de nouveaux baptisés et de nouveaux conirmés. Ensuite, dans les messes du jour qui font retentir les premières annonces de la résurrection de Jésus aux femmes de Jérusalem et aux disciples et apôtres. C’est une joie communicative qui se répand dans les assemblées, quand chacun salue son voisin en disant : « Christ est réssuscité, Alleluia ! » « Il est vraiment réssuscité. Alleluia ! ». |
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Écrit par Samy Revah
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Parler de l’après carême nécessite que je discute un peu de l’avant carême. J’ai trouvé Dieu il y a 8 ans et suis entré dans une église (L’immaculée Conception) 4 ans plus tard pour demander le baptême. Ce fut un choix qui demanda réflexion car je me trouve être au croisement de deux courant, né de père juif et de mère chrétienne tout deux non pratiquants à ce moment. Ainsi le rapprochement que fait l’Eglise entre l’Exode et les 40 jours de tentations font-ils sens au plus haut point pour moi.
Par ailleurs, je considère ma vie précédant le baptême comme une traversée du désert, enseignante en cela qu’elle menait à l’Eau Vive entre autres par la découverte de mes asservissements. Traversée menant à la liberté donc. Mais alors qu’est-ce qui suit la libération ? Qu’est-ce qui vient après le Carême et la Veillée Pascale ?
L’une des choses les plus notables quand je regarde rétrospectivement jusqu’à mon baptême, c’est qu’il me semble l’avoir vécu il y a très longtemps. Cela remonte pourtant à moins d’un an, pourtant quand j’en parle et que je tente de me le remémorer, il m’apparaît incohérent que cela fasse moins d’un an que je suis chrétien. Je cherche dans ma mémoire, et n’aperçoit pas plus d’évènements que l’an passé. Si cette distorsion du temps n’est pas dû à la quantité d’évènements, je pense qu’il est raisonnable de le mettre sur le compte de leur qualité. En effet, il me semble vivre les évènements avec plus d’intensité. Ils sont plus denses, plus consistants comme si je vivais la vie avec plus de plénitude.
Si nous mourrons avec le Christ et prenons part à sa résurrection, je nous vois alors comme des nouveau-nés. Néophytes, appelle-t-on les récents baptisés. Dans ce sens, ce qui a suivit mon baptême, ce fut une période d’évolution. J’étais appelé à grandir à nouveau, en me nourrissant, en apprenant des autres tel un nourrisson. Ainsi, il me semble que chaque année, suite au carême et à la traversée du désert et des tentations, nous sommes appelés à vivre avec un œil nouveau. En tant que fils de juif, l’ancien testament m’apparaît comme la racine, celle qui nourrit. L’autre pendant, le second testament, est donc la jeune pousse (néophyte) comme si c’était la valeur intrinsèque du Christianisme. Je ne peux me passer du judaïsme comme racine, et nous en sommes une jeune pousse, c’est dans ce cheminement de pensée que je me sens et m’affirme comme juif et chrétien.
Ainsi, il est important pour moi de me nourrir de l’ancien testament, de partager avec mon frère qui est lui juif pratiquant et de faire des allers-retours entre ces deux traditions. Quel rapport avec l’après carême ? Eh bien, je fêtais d’être chrétien le lendemain de la Veillée Pascale de l’année dernière dans un restaurant casher avec la famille du côté de mon père. Mon frère et ma sœur, tout deux juifs par leur mère (du premier mariage de mon père), m’ont offert respectivement un livre sur le dialogue entre juifs et chrétiens et une icône représentant Jésus sur la montagne au côté de Moïse et Elie. Le passage du carême et sa conclusion sont déterminants dans la vie du chrétien. Personnellement être chrétien, avec ce que ça suppose de friction avec la tradition juive, c’est justement par le Christ que je peux le réaliser car lui-même juif et chrétien… Il est le point de passage entre ces deux mondes. Cette question est centrale dans ma réflexion. Je choisis Jésus comme guide vers la maison du père. Suite à la Veillée Pascale, il me semble devoir revenir aux racines afin de nourrir les jeunes pousses de l’année suivante. Mes jeunes pousses personnelles mais aussi celles de mon entourage. C’est ce qui s’est passé l’année dernière d’ailleurs, j’ai répondu aux interrogations spirituelles d’un ami d’enfance la semaine précédant mon propre baptême, et ces discussions l’ont amené à trouver la foi et à s’engager sur ce chemin. Ce fut un beau cadeau. |
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