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Symboles de la Semaine Sainte PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean-Luc Pouthier   
Mercredi, 25 Mai 2011 15:40

Rameaux.

La semaine commence par le souvenir de  l’entrée triomphale de Jésus à  Jérusalem,  sur un âne  (symbole de royauté dans l’Orient ancien), le dimanche des Rameaux. Au début de la messe, des branches verdoyantes de buis, de saule, de  laurier,  des  rameaux  d’olivier  ou  des palmes  tressées  (en  particulier  en  Italie,  où cette fête s’appelle d’ailleurs fête des Palmes) sont bénis à l’entrée de l’église, dans laquelle les idèles entrent ensuite en procession. Le rituel,  institué en Occident au  IXe siècle, est hérité de la liturgie de Jérusalem.

Saintes  huiles.

Pendant  la  semaine  sainte, en général le mercredi, est célébrée la Messe chrismale. L’évêque y bénit le saint chrême et d’autres huiles saintes, qui serviront ensuite pour  les  sacrements.  Celui  qui  est  oint  (en hébreu messiah, messie, et en grec christos, Christ)  est  considéré  comme  consacré  par Dieu, à l’image des rois de l’ancien Israël. A  la fin de  la messe  chrismale, les prêtres renouvellent leur promesse  sacerdotale.  Il  semblerait que ce rituel remonte lui aussi au IXe siècle.

Eau,  pain  et  vin.

Le  jeudi  soir, Jeudi  Saint,  avant  le  repas  pris avec  ses disciples à  la veille de  la Pâque  juive,  Jésus  leur  lave  les pieds. Comme celle du baptême,  l’eau de  la puriication  élimine  alors  les  souillures  du corps, mais aussi, soulignait saint Augustin, celles de la conscience. Pendant  ce  dernier  repas,  la  Cène,  Jésus institue  l’Eucharistie,  renouvelée  à  chaque messe, quand  le pain et  le vin deviennent  le Corps et le Sang du Christ. Le pain consacré par le prêtre oficiant est du pain azyme, souvenir de celui que le peuple juif mange pour sa propre pâque, quand est commémorée la libération de l’esclavage où il était tenu dans l’Egypte des Pharaons.

Chemin  de  Croix.

Le  Chemin  de  Croix rappelle  quatorze  moments  de  la  Passion de  Jésus  le  Vendredi  Saint,  de  son  procès chez  Pilate  à  sa  cruciixion  au  Golgotha  et à  sa mise au  tombeau.  Il est né  -  comme  la crèche de Noël  ! - chez les franciscains. Ceux-ci,  qui  assurent  à  partir  du XIVe
  siècle  une présence  catholique  (la Custodie)  dans  une Terre  Sainte  revenue  après  les  Croisades sous administration turque, en ont emprunté la  tradition  à  l’Eglise  orthodoxe  d’Orient. Longtemps,  le  Chemin  de  Croix  a  été  une sorte de monopole franciscain, tant en Terre Sainte qu’en Occident. Puis  la pratique s’en est généralisée à partir du XVIIIe siècle. Les quatorze stations ne sont pas toutes des épisodes évangéliques  : les trois chutes de Jésus, la rencontre avec sa Mère et avec sainte Véronique  ne  sont  pas  mentionnées  dans  les Ecritures. A  Jérusalem,  le Chemin de Croix suit la Via Dolorosa, de la Chapelle de la Flagellation jusqu’au Saint-Sépulcre.

Lumière.

Après  les  ténèbres  du  tombeau  et  la descente  aux  enfers  du Samedi  Saint,  Jésus  ressuscite  dans  la  lumière de  Pâques.  Au  début  de la  veillée  pascale,  le  célébrant  bénit  le  feu  nouveau,  puis  grave  sur  un grand cierge une croix et la première lettre (Alpha) et  la  dernière  lettre  (Omega)  de  l’alphabet grec, manifestant ainsi que le Christ, lumière du  monde,  est  « commencement  et  fin  de toutes  choses ».  Cinq  grains  d’encens  enflammés sont alors implantés dans le cierge, symbolisant  les  cinq  plaies  du  Christ  (aux pieds, aux mains et au côté). Le cierge pascal est allumé au feu nouveau et porté en tête de la procession qui pénètre dans  l’église obscure. Le cierge pascal, dont l’origine remonte
au moins au IVe siècle, reste allumé pendant le  temps  de  Pâques,  jusqu’à  Pentecôte. Ensuite,  il  est  utilisé  tout  au  long  de  l’année,
pour les baptêmes, jusqu’au Carême suivant.