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| Le Carême, et après ? |
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| Écrit par Samy Revah |
| Mercredi, 25 Mai 2011 14:21 |
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Parler de l’après carême nécessite que je discute un peu de l’avant carême. J’ai trouvé Dieu il y a 8 ans et suis entré dans une église (L’immaculée Conception) 4 ans plus tard pour demander le baptême. Ce fut un choix qui demanda réflexion car je me trouve être au croisement de deux courant, né de père juif et de mère chrétienne tout deux non pratiquants à ce moment. Ainsi le rapprochement que fait l’Eglise entre l’Exode et les 40 jours de tentations font-ils sens au plus haut point pour moi. Par ailleurs, je considère ma vie précédant le baptême comme une traversée du désert, enseignante en cela qu’elle menait à l’Eau Vive entre autres par la découverte de mes asservissements. Traversée menant à la liberté donc. Mais alors qu’est-ce qui suit la libération ? Qu’est-ce qui vient après le Carême et la Veillée Pascale ? L’une des choses les plus notables quand je regarde rétrospectivement jusqu’à mon baptême, c’est qu’il me semble l’avoir vécu il y a très longtemps. Cela remonte pourtant à moins d’un an, pourtant quand j’en parle et que je tente de me le remémorer, il m’apparaît incohérent que cela fasse moins d’un an que je suis chrétien. Je cherche dans ma mémoire, et n’aperçoit pas plus d’évènements que l’an passé. Si cette distorsion du temps n’est pas dû à la quantité d’évènements, je pense qu’il est raisonnable de le mettre sur le compte de leur qualité. En effet, il me semble vivre les évènements avec plus d’intensité. Ils sont plus denses, plus consistants comme si je vivais la vie avec plus de plénitude. Si nous mourrons avec le Christ et prenons part à sa résurrection, je nous vois alors comme des nouveau-nés. Néophytes, appelle-t-on les récents baptisés. Dans ce sens, ce qui a suivit mon baptême, ce fut une période d’évolution. J’étais appelé à grandir à nouveau, en me nourrissant, en apprenant des autres tel un nourrisson. Ainsi, il me semble que chaque année, suite au carême et à la traversée du désert et des tentations, nous sommes appelés à vivre avec un œil nouveau. En tant que fils de juif, l’ancien testament m’apparaît comme la racine, celle qui nourrit. L’autre pendant, le second testament, est donc la jeune pousse (néophyte) comme si c’était la valeur intrinsèque du Christianisme. Je ne peux me passer du judaïsme comme racine, et nous en sommes une jeune pousse, c’est dans ce cheminement de pensée que je me sens et m’affirme comme juif et chrétien. Ainsi, il est important pour moi de me nourrir de l’ancien testament, de partager avec mon frère qui est lui juif pratiquant et de faire des allers-retours entre ces deux traditions. Quel rapport avec l’après carême ? Eh bien, je fêtais d’être chrétien le lendemain de la Veillée Pascale de l’année dernière dans un restaurant casher avec la famille du côté de mon père. Mon frère et ma sœur, tout deux juifs par leur mère (du premier mariage de mon père), m’ont offert respectivement un livre sur le dialogue entre juifs et chrétiens et une icône représentant Jésus sur la montagne au côté de Moïse et Elie. Le passage du carême et sa conclusion sont déterminants dans la vie du chrétien. Personnellement être chrétien, avec ce que ça suppose de friction avec la tradition juive, c’est justement par le Christ que je peux le réaliser car lui-même juif et chrétien… Il est le point de passage entre ces deux mondes. Cette question est centrale dans ma réflexion. Je choisis Jésus comme guide vers la maison du père. Suite à la Veillée Pascale, il me semble devoir revenir aux racines afin de nourrir les jeunes pousses de l’année suivante. Mes jeunes pousses personnelles mais aussi celles de mon entourage. C’est ce qui s’est passé l’année dernière d’ailleurs, j’ai répondu aux interrogations spirituelles d’un ami d’enfance la semaine précédant mon propre baptême, et ces discussions l’ont amené à trouver la foi et à s’engager sur ce chemin. Ce fut un beau cadeau. |



